L’entre-deux : l’espace où tout se joue entre deux personnes, mais comment le percevoir ?
L’entre-deux, tout s’y joue
L’entre-deux est cet espace fondamental où tout se joue et tout devient possible entre deux personnes. Dans une relation, quelle qu’elle soit, il n’y a pas seulement moi et vous, mais moi, vous, et ce tiers invisible où tout se joue : l’interrelation. Il n’y a donc pas deux, mais trois entités.
Cet intervalle structure la relation entre deux personnes. Il en est l’essence. Il est mouvement, évolution, possibilité. Même si les personnes, en tant qu’individus, ne changent pas nécessairement, l’entre-deux, lui, peut évoluer.
Cet espace, tissé par la relation, la dynamique, l’énergie, les enjeux croisés, ce qui est dit et ce qui ne l’est pas, est vivant et en transformation constante. Nous disposons d’une marge de manœuvre sur lui.
Et pourtant, nous ne le voyons pas, pourquoi ?
Nous n’avons pas les mots pour le nommer. Il n’existe pas de mot en français pour nommer ce tiers. Or, pas de mot, pas de nom : pas d’existence. Quand le Verbe fut, la chose existe. Pas avant.
Ce sont souvent les mots qui n’existent pas dans une langue qui en révèlent le plus sur sa vision du monde. Ce qu’elle ne voit pas, elle ne peut l’exprimer. Notre approche est ainsi naturellement binaire : il y a X et il y a Y. Or, la binarité conduit inévitablement au conflit.
L’arrivée du tiers facilite, joue le rôle de médiateur. Il est essentiel pour la compréhension et l’évolution de la relation, pour la qualité des interrelations, la communication, les compétences relationnelles. L’espace-entre joue ce rôle de tiers médiateur.
Le détour par le chinois ancien m’a permis d’en prendre conscience et de le faire vivre
Ma conscience de cet entre-deux était nébuleuse. Le chinois ancien m’a permis de lui donner la parole et de le faire vivre concrètement. En effet, le caractère 間 nomme et fait exister cet espace relationnel vivant entre deux pôles, deux choses, deux sons, deux personnes, le ce-qui-relie… Espace actif, dynamique, vivant, ajustable, transformationnel, possibilité de l’émergence. Il crée harmonie ou déséquilibre. Dans cet espace peut se déployer la création.
Sa représentation graphique est lumineuse : elle figure un soleil entre les deux battants d’une porte stylisée à la chinoise. L’image qui en découle est celle d’un interstice entre les volets, laissant passer la lumière du soleil.
Ce concept d’entre-deux existe en chinois classique naît d’une vision du monde, de l’être et de la relation différente de la nôtre. Le monde est fait de flux continu, d’interconnexions, de relations et d’interactions. Il n’est pas constitué d’entités séparées, mais d’un réseau de liens entre les éléments, comme dans un système complexe.
Monde de processus, de passages, de transformations. La recherche de l’harmonie, essentielle, passe par la mesure et l’équilibre de l’entre-deux. Le monde est mouvement, flux continu. Cela fait écho à la vision des Celtes antiques, pour qui tout était mouvement, flux, transformation, métamorphose. L’entre-deux, la traversée (gué, forêt, seuil), marque toujours un moment décisif : le passage entre deux états, deux lieux, deux temps, est central dans le symbolisme celte. Bien loin des catégorisations fixes et contrôlables du monde post-industriel.
Prendre conscience de cet espace et de ce qui y est en jeu démultiplie la qualité des relations, tout particulièrement professionnelles. Il me fallait donc concevoir une approche pratico-pratique pour le mettre en œuvre.
C’est ainsi qu’est née l’approche Tandem DoLquest : comprendre l’entre-deux entre personnes, lui donner une existence pratique, contribuer à la qualité des compétences relationnelles.
Tandem DoLquest explore ce qui se joue entre les deux personnes, deux dirigeants, deux collègues, deux actionnaires… Plutôt que de pointer l’un ou l’autre, la méthode Tandem DoLquest se concentre sur la dynamique de l’entre-deux. Il permet de décrire avec précision les dynamiques à l’œuvre dans l’entre-deux. La plus grande difficulté est de garder le focus sur le milieu, sur l’entre-deux, jamais sur les individus pris isolément.
C’est là que seule la puissance, la finesse et la profondeur des Profils DoLquest, uniques à chacun -il n’y a pas deux Profils pareils- permet une analyse détaillée de ce qui est en jeu, niveau par niveau, du plus visible au plus profond. L’ouverture à cette dimension de l’entre-deux personnes est un saut quantique, créateur de synapses. C’est la découverte d’un espace nouveau, d’un territoire à explorer avec chacun. Il n’y a aucun jugement : seulement une compréhension, une ouverture des possibles.
Tandem DoLquest rend visible ce qui ne l’était pas : la clé du fonctionnement du binôme. Il rend ainsi possible l’activation d’une dynamique durable.
Après tout, n’est-ce pas notre condition fondamentale ? Nous sommes des êtres d’entre-deux : entre ciel et terre, entre intériorité et extériorité, matière et énergie. Nous sommes médiateurs du monde, engagés dans un processus d’évolution permanente.
Au confluent des mondes et des langues, émerge ce concept essentiel : la conscience et l’analyse de ce qui se joue entre les personnes. et cette prise de conscience pratique améliore durablement la qualité des relations. Cette perspective a stimulé toutes mes capacités d’analyse : rendre visible l’invisible, découvrir un territoire nouveau, ouvrir une marge de manœuvre et révéler des ressources insoupçonnées. C’est là que le binôme peut pleinement exprimer son potentiel, renforcer sa solidité et construire une dynamique qui s’inscrit dans la durée.
L’enjeu était d’en faire une application concrète, vivante, accessible à tous. Ainsi est né Tandem avec DoLquest.
Tandem avec DoLquest, enjeux et mise en oeuvre, un carrousel explicatif ICI
Copyright Marie Elisabeth Boury 2012 et 2025. Pas de diffusion sans mention de l’auteur et le lien au site https://www.marieelisabethboury.com/fr/fragments-dunivers
Illustration : L’Entre-deux-Mers en Gascogne, délimité par la Garonne et la Dordogne, pays entre la Gascogne et la Guyenne historiques, un clin d’oeil de famille.
Des références :
Dictionnaire des intraduisibles sous la direction de Barbara Cassin 2004
La civilisation celtique, Christian‑J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux
Le Livre de Kells une splendeur. Manuscrit enluminé irlandais du VIIIᵉ siècle, regorgeant de motifs entrelacés et de roues solaires. ICI : https://www.gaiamamart.com/livre-kells/